On peut s’accorder sur le fait qu’un monde utopique verrait la fin des inégalités d’accès à la santé, à l’éducation, au bien-vivre et permettrait à chacun de faire entendre sa voix dans l’espace public. Mais il faut distinguer ce type d’inégalités avec les inégalités dites réelles, qui concernent les revenus et les patrimoines. Le XXe siècle a connu de nombreuses tentatives visant à niveler ce type d’inégalités. Elles se sont souvent soldées par d’énormes catastrophes, comme l’ont montré les révolutions soviétique et chinoise. 

Une utopie peut-elle viser la suppression totale des inégalités de revenus et de patrimoines ? Pas forcément. Le point de départ de la réflexion est peut-être d’accepter qu’un niveau d’inégalité subsistera, l’enjeu étant de savoir où on arrête le curseur. Une chose paraît certaine : l’utopie d’accès égalitaire à la santé, à l’éducation ou à la représentation politique suppose au préalable un niveau important d’égalités réelles. On ne peut les déconnecter. Voyez les États-Unis : la corrélation est très forte entre le niveau de revenu des parents et la probabilité que leurs enfants ont d’accéder à l’enseignement supérieur. Dans

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