La voix du poète

Pour une Campagne de la Panique Tranquille

Allen Ginsberg (1926-1997)

Par Céline Devaux
Par Céline Devaux

Fin du Millénaire
       Destruction de la Terre –
Feu Air Eau pollués
       Et la Bête c’est nous –
            Pensées sombres dans la nuit
Rien à faire pour arrêter ça –
Les gouvernements démentent, les Journaux Sérieux aussi –
C’est comme si tu regardais tes gencives pourrir sans te laver les dents
Tu as le cœur qui flanche ? Moins de repos plus de stress
       Mets du sel sur ton porc graisseux
Tu es diabétique, tu as la plante des pieds insensibles ?
       Mets du sucre dans ton café
Tu as une mauvaise circulation ? Fume encore plus
Donne des coups de pied à ton fils sous la table reprends une bière
Il faut un Président qui dénonce le démenti –
              Un Parti de la Panique Tranquille
       qui rétablisse l’équilibre de la nature.

9 juillet 1992, 1 h moins 5 du matin

Allen Ginsberg participa aux manifestations du premier Jour de la Terre, en 1970. « La pollution de la Terre est identique à la pollution de l’esprit », y expliqua-t-il. Figure du mouvement antinucléaire, le poète américain était devenu bouddhiste. Il se fait le chantre de l’écologie politique dans ce poème d’insomnie.  

 

Poèmes (édition bilingue), traduit de l’anglais par Claude Pélieu et Mary Beach, et par Yves Le Pellec et Françoise Bourbon
© Christian Bourgois éditeur, 2012, pour la traduction française

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