Le mot de...

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Un peu de silence, s’il vous plaît ! Lisez attentivement cette phrase que j’inscris au tableau et dites-moi pourquoi elle est incorrecte : « Dans les banlieues, les policiers et les jeunes sont à couteaux tirés. »

Attendez, attendez, pas tous ensemble !

Non, Mehdi, il ne s’agit pas d’un problème de couteaux. Ni de revolvers non plus. « À couteaux tirés » est correct. C’est une expression qui remonte au XVIe siècle, quand des personnes en grande dispute, prêtes à en découdre, dégainaient leurs lames. 

À toi, Léa. On t’écoute. « Banlieues » ne te plaît pas ? Dis-nous pourquoi. Oui, c’est vrai qu’on aurait pu dire « quartiers », puisque les conflits entre jeunes et policiers ont lieu aussi dans des villes et pas seulement à leur périphérie. Mais il y a autre chose. Cherchez. Est-ce que la situation est la même à Aulnay-sous-Bois et à Neuilly, par exemple ? Non. Alors ? Il aurait fallu dire des banlieues et pas les banlieues.

Avez-vous relevé d’autres incorrections ? D’accord, Adam, on aurait pu dire « flics » au lieu de « policiers », mais c’est plus familier et un peu péjoratif. Pas plus exact en tout cas.

Vous ne trouvez pas ? C’est simple, pourtant ! Il aurait fallu dire des jeunes, parce que dans n’importe quelle cité, même la plus sensible, ils ne sont pas tous en révolte. Et des policiers, mais oui : parce qu’il y a certainement parmi eux des violents et des doux, des gens butés et des esprits ouverts qui s’interrogent sur leurs missions. Si la langue française nous offre des articles indéfinis, ce n’est pas pour des prunes ! Non, non, Yasmine, oublie les prunes. Je veux dire : ce n’est pas pour rien.

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