La société américaine s’« hystérise »-t-elle ? Trump en a imposé l’idée, dans son acharnement à dénoncer les supposées fake news de la plupart des grands médias nationaux dont les informations ne lui plaisaient pas. Mais s’il a pu le faire avec un tel succès, c’est aussi parce qu’au-delà de ses partisans, l’opinion américaine était réceptive au soupçon. En juin 2019, le Centre d’études sociodémographiques Pew notait que la diffusion massive de « fausses informations » était devenue le cinquième souci des Américains, derrière, dans l’ordre, l’addiction aux drogues, l’absence de couverture santé, le fonctionnement du système politique du pays et le fossé entre riches et pauvres, mais devant des thèmes tels que la criminalité, le changement climatique, le racisme, l’immigration illégale ou le terrorisme.

Trump parti, la situation n’a pas changé : en octobre 2021, selon l’agence Associated Press, 95 % des Américains jugeaient toujours que la désinformation constitue un « problème grave » dans leur pays. Rare cas d’accord bipartite, les trois quarts (79 % des républicains

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