Pourquoi les sondages sont-ils aussi populaires aujourd’hui ?

S’ils occupent une telle place dans la campagne actuelle, c’est notamment en raison de l’affaiblissement du rôle des partis politiques et des difficultés qu’ils rencontrent pour conserver le contrôle sur la sélection des candidats. Les sondages y ont toujours participé, mais jamais autant qu’aujourd’hui, comme l’illustre le cas d’Éric Zemmour. Pourtant, il faut rappeler que le niveau élevé des intentions de vote qui lui sont prêtées provient d’enquêtes discutables d’un point de vue méthodologique. Le principal problème que soulèvent les sondages aujourd’hui est là, dans le décalage entre la valeur qu’on accorde à leurs résultats et la fragilité de leurs modalités de production.

Les nouvelles formes de sondages sont-elles moins fiables que les précédentes ?

Avant, les sondages étaient réalisés en face à face ou par téléphone. Ces méthodes présentaient des défauts, mais pas autant que les sondages d’aujourd’hui, qui se font quasi tous par Internet. Les enquêtes en ligne ont permis de surmonter les difficultés que les instituts rencontraient pour trouver des répondants, mais aussi d’abaisser les coûts. On est passé à un mode de production low cost : on fabrique des sondages à la chaîne, bon marché, pour qu’ils soient immédiatement exploitables par les médias, et que cela fasse le buzz. Cela traduit une forme d’ubérisation du processus de fabrication des sondages.

En quoi consiste cette « ubérisation » ?

Elle consiste à recourir à des panels d’internautes gérés par des sociétés spécialisées ou par les instituts eux-mêmes. Ces internautes sont recrutés sur la base du volontariat. Il suffit d’ouvrir son ordinateur ou son téléphone, de s’inscrire sur le site de ces panels et ensuite, vous recevrez par e-mail des sollicitations, nombreuses, pour répondre à des sondages.

Quel est le problème ?

D’abord, il est possible de r

Vous avez aimé ? Partagez-le !