Force est de constater que dans les sociétés contemporaines, les nuances de couleur de peau, les pigmentations, ne sont pas une caractéristique physique banale. Le degré de mélanine a généralement bien plus d’importance comme marqueur social que la couleur des yeux ou des cheveux. Pour comprendre pourquoi, il faut remonter loin en arrière, tout en sachant que cette question ne s’est pas posée « de tout temps ». L’empereur Septime Sévère, à la fin de l’Empire romain, était-il, selon nos critères modernes, « blanc », « métis », « basané » ? On n’en sait rien, les textes n’en parlent pas : à l’évidence les hommes de l’Antiquité n’y accordaient guère d’importance. Mais il est arrivé un moment dans l’histoire du monde occidental où la question du degré de mélanine s’est imposée jusqu’à devenir une obsession. Au XVIIe siècle, la colonisation européenne devient massive et met en place la traite négrière transatlantique. La notion moderne de race émerge alors en parallèle et les sciences, les religions, la philosophie, tous les savoirs sur l’homme, s’organisent ou se réorganisent autour de cette question. Les humains sont classés en groupes auxquels on attribue des caractéristiques physiques, intellectuelles et mentales, ce qui justifie la domination coloniale et la déportation des Africains vers les Amériques. Parmi ces caractéristiques, la couleur de peau devient un marqueur central. Le XVIIe siècle a en quelque sorte inventé la couleur de peau en tant que critère pour juger les hommes, au moment du grand mouvement de conquête du monde par les Européens. À partir de là, et c’est encore le cas aujourd’hui, la couleur de peau, dans la de

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