La guerre d’Algérie est le fantôme qui hante la vie politique française depuis plus d’un demi-siècle. Événement fondateur de la Ve République, elle est à l’origine du retour aux affaires du général de Gaulle en juin 1958, après ce qui a longtemps été perçu par la gauche comme un putsch réussi, maquillé en transition institutionnelle. Elle est aussi la cause du divorce entre l’homme du 18 Juin et une partie de la droite, qui s’estime trahie par le « lâchage » de l’Algérie française. Elle déstabilise les premières années du nouveau régime, fait vaciller les valeurs de la France du fait de l’usage massif de la torture par l’armée française. Plus encore, elle laisse des deux côtés de la Méditerranée le goût amer d’un divorce prononcé en 1962, au moment des accords d’Évian – divorce qui ne solde pas les contentieux et les rancœurs accumulées par l’histoire. Dès lors, comment ne pas comprendre qu’un tel événement imprime une marque profonde dans les imaginaires politiques hexagonaux ?

À gauche, une partie de la génération qui accède aux responsabilités en 1981 a forgé son engagement dans la lutte anticoloniale et l’opposition à la

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