Chose...

Le millefeuille, vous dis-je !

Chose savourée par...

Par l’odeur alléché, me voilà ! Qui a parlé de millefeuille ? Où sont les millefeuilles ? Je vous vois sourire, mais on touche au sacré du sucré. En matière de gourmandise, deux pâtisseries se situent au firmament : le baba et le millefeuille. Nous parlerons de la polonaise un autre jour… Le baba, c’est la promesse d’une brioche légère, gorgée de rhum, à la peau satinée de sucre ; le millefeuille, c’est l’assurance d’une débauche honnête, d’une plongée en apnée dans la plus délicate des crèmes pâtissières striée d’une pâte brisée et « mille fois » pliée, le tout nappé d’un sucre glace zébré de chocolat… 

Or voilà qu’il est devenu commun de parler de millefeuille pour désigner l’invraisemblable empilement des strates territoriales en France. Cela fait bien dix ans que cela dure. Les communes ? Oh ! millefeuille… Les cantons ? Ah, mon bon monsieur, cela tient du millefeuille ! Les départements ? Millefeuille, vous dis-je.

Au secours ! Millefeuille par-ci, millefeuille par-là : c’en est une indigestion. Au nom de quoi comparer les 729 paires de feuillets (version basse) ou les 2 048 paires de feuillets (version haute) de notre pâtisserie fétiche aux 36 000 communes de France ? Si c’est un journaliste qui a le premier lancé la formule, c’est un sot. Si c’est un penseur, c’est mal pensé. Si c’est un politique, c’est impoli. 

Le millefeuille mérite mieux qu’une relégation administrative ! 

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