Longtemps, je me suis levée de bonne heure. À 4 h 55 du matin, très exactement. À peine mon réveil avait-il sonné que j’enfilais un jean et un vieux débardeur. Cinq minutes plus tard, je sortais et traversais la rue pour pénétrer, par une porte dérobée, dans le sous-sol d’une boulangerie. Je restais dans cet antre deux heures, avant de retourner, dans la journée, à mon métier de journaliste. Ces cinq-à-sept quasi nocturnes durèrent plus de six mois, six mois d’un apprentissage aussi clandestin qu’amical. Six mois d’une plongée dans un monde parallèle.

La boulangerie Michel faisait un angle. Dans un immeuble de style haussmannien tardif, elle se situait entre le square, le marché et l’école. Un triangle d’or du pain au chocolat. Une boutique digne d’un livre d’enfants avec sa devanture, ses desserts traditionnels et son comptoir à bonbons. Un lieu de réconfort et d’habitude. Les marmots du quartier ne s’y trompaient pas et le plébiscitaient.

M. et Mme Michel avaient racheté la boulangerie quelques années plus tôt. Installés dans un petit deu

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