Le plus précieux produit de la Terre, notre mère à tous, le pain qu’implore la prière dominicale de « Notre Père qui es aux cieux », le pain n’a jamais été considéré comme une propriété semblable à toutes les autres. La conscience publique s’est toujours refusée à mettre sur la même ligne le vol de dix sous et le vol d’un pain de cinquante centimes.

 

On prétend que le sac de farine doit être délié dès qu’il est apporté du moulin, et que la farine doit être immédiatement déversée, sans quoi la langue du nouveau-né ne se délierait pas non plus ; le fils, espoir de la maison, serait « noué » de corps et d’intelligence. La raison du dicton n’est pas difficile à saisir : plus tôt la farine est mise en usage, plus vite elle est utilement consommée, plus ceux des alentours qui en manquent, plus les nécessiteux que le hasard amène par-là ont chance d’en obtenir. On a la recommandation : « Ne touche au pain que pour le couper, ne coupe le pain que pour en manger, ne mange au pain que pour en faire manger. » Les Français ont le proverbe bien connu : « Pain coupé n’a maître », et pour être bien compris il doit être rapproché d’un autre précepte, d’après lequel le patron et la patronne ne doivent pas mettre sur la table du pain sans l’entamer. La maison où l’on « serre le pain » est mal notée. En « rompant le pain en commun », les chrétiens de la synagogue

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