De l’Algérie à l’Asie centrale, comment expliquez-vous l’intérêt des archéologues pour les déserts ? 

Très tôt dans l’histoire, les déserts ont été parcourus par des pasteurs nomades et des populations s’y sont installées pendant les mois les moins chauds. Et l’on découvre que des sédentaires ont su s’établir à leurs lisières dès l’époque des premières villes, par exemple en Syrie au milieu du iiie millénaire avant J.-C., en exploitant les ressources des régions de steppes arides situées à l’interface entre les zones cultivables et celles dévolues aux pâtures.

Les déserts offrent des conditions de conservation exceptionnelles s’agissant des matériaux organiques. Des conditions extrêmes de sècheresse permettent de préserver le bois, les fibres végétales ou le cuir. On a pu retrouver les sandales, des textiles et le mobilier de pharaons d’Égypte ou les manuscrits de la mer Morte, inscrits sur des rouleaux de parchemin, des papyrus et du cuir. Ces objets sont des témoignages inestimables qui documentent la vie quotidienne et la vie intellectuelle des sociétés. Les archéologues s’associent à des spécialistes du paléo-environnement pour étudier les milieux des groupes humains. Ils montrent combien ces milieux ont évolué du fait des changements climatiques et de l’impact des hommes sur leur environnement. On sait aujourd’hui que le Sahara était en majeure partie fertile et verdoyant au Néolithique. Il comptait des fleuves et des lacs, notamment le lac Méga-Tchad, un paléo-lac qui, avant de s’assécher, disposait d’une surface équivalente à l’Allemagne. 

Vous souvenez-vous de votre première arrivée dans le d&e

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