La voix du poète

Le ciel est, par-dessus le toit...

Paul Verlaine (1844-1896), Sagesse, 1881

Le ciel est, par-dessus le toit,
       Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
      Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,
      Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
      Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
      Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
      Vient de la ville.

Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
      Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
      De ta jeunesse ?

La prison fut le temps du remords pour Verlaine, deux ans en cellule pour avoir tiré sur Rimbaud. Et qui devine ici Bruxelles par la fenêtre. La préposition par-dessus, l’adverbe circonscrivent son supplice : entrevoir, entendre sans jouir. Mais une paix religieuse naît aussi des éléments et des sons. Pitié pour les prisonniers ! 

 

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