La rumeur, personne ne sait d’où elle vient, mais tout le monde la saisit au vol, se l’approprie, y ajoute du sien et participe à élargir son audience, provoquant ainsi, à son insu ou bien sciemment, des dégâts irréversibles.

Le Daech, c’est un peu ça ; on ignore d’où il sort, mais ses Frankenstein sont sur tous les fronts – plateaux de télé, minbars, tribunes, prisons, cabinets noirs – à tisonner la discorde à coup d’interprétations farfelues, de manipulations, de diatribes, de prêches virulents et de conciliabules contagieux. Les « experts » diaprent leurs exposés pour ne pas avoir à apporter la solution, les théoriciens du grand remplacement inventent doctement des néologismes pour donner un éclat à leurs obscurs raccourcis, les extrémistes de tout poil s’improvisent gardiens du temple, les petites gens effarouchées se découvrent une franche dangerosité, et tout ce beau monde s’agite et véhémente pour ne plus s’entendre, encore moins s’écouter. Et pourtant, dans cette furie en gestation, c’est le même glas que l’on perçoit : l’appel au sang. À croire que chaque génération réclame sa part de la trag&eacu

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