Que vous inspirent les tueries récentes d’Orlando et de Magnanville, 49 gays tués d’un côté, 2 policiers de l’autre ?

Je travaille par comparaison, comme pour cartographier ces phénomènes. Orlando ressemble au Bataclan. C’est un massacre perpétré par un tueur en quête de purification. En matière de sexualité, l’accusation de perversion, la hantise de la souillure et la volonté de la nettoyer font partie des grands motifs brandis par les djihadistes de Daech. À mon sens, l’auteur souffrait de problèmes psychopathologiques importants. C’est une dimension qu’on refuse de voir ; elle est pourtant patente à mes yeux. Les dossiers transmis par la justice montrent la fréquence de cette pathologie. Ce ne sont pas des névrosés banals qui peuvent tuer ainsi, mais des psychotiques délirants, enfermés dans des idées fixes, avec des pulsions de haine puissantes. 

Et l’assassinat des policiers ?

Leur meurtrier ressemble à Mohammed Merah. Il a le profil de ceux qui éprouvent une haine féroce envers les soldats et les policiers. On l’a vu souvent en Égypte et en Tunisie. Ils les tuent à l’arme blanche, leur coupent la tête. À Orlando comme à Magnanville, toutes les victimes ont été supprimées pour ce qu’elles étaient, gays ou policiers. Ces massacres n’expriment pas seulement une volonté de terroriser, mais aussi de provoquer l’horreur.

Les terroristes se mettent en scène. Le tueur d’Orlando faisait des selfies. Celui de Magnanville a posté des images de ses victimes sur les réseaux sociaux. Quelles sont leurs motivations ?

Pour ces tueurs, la c

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