Les États-Unis viennent de désigner l’Iran comme un État terroriste, infréquentable. Ce pays est-il plus isolé que jamais ?

Ce sont les États-Unis qui s’isolent. Le fait qu’ils ne respectent plus les accords internationaux et se retirent du traité sur le nucléaire rend paradoxalement l’Iran plus fort. La Grande-Bretagne, par exemple, qui suit habituellement Washington, ne le fait pas. L’Iran est moins isolé aujourd’hui qu’hier.

Le traité avait prévu le cas où Téhéran ferait défaut avec un rétablissement immédiat des sanctions économiques, mais non celui où l’un des autres signataires se retirerait ! Cela donne à l’Iran une légitimité internationale inédite. On connaît la République islamique et ses pratiques pas toujours conformes aux droits de l’homme et au droit international. En l’espèce, elle respectait l’accord signé et s’intégrait dans le concert des nations.

Vous avez un jour déclaré que l’Iran n’est pas un pays démocratique, mais que les Iraniens sont démocrates. Que vouliez-vous dire ?

Que les Iraniens sont devenus républicains ! Dans l’oxymore « République islamique », la République a largement remis l’islam à sa place. En quarante ans, la République s’est incrustée en Iran. C’est un rapport de force unique dans la région. Cette population, qui n’est pas la moins importante démographiquement (82 millions d’habitants), est devenue républicaine. Elle est bien sûr musulmane et chiite, mais elle s’est lassée du cléricalisme ambiant. C’est une réalité nouvelle. 

Quelles sont les conséquences les plus immédiates ?

Ce goût de la République effraie les monarchies du Golfe.

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