Ahmad éteint le moteur. L’embouteillage, monstre, s’éternise. Ponts aériens et autoroutes encerclent Téhéran, la mégapole la plus américaine du Moyen-Orient. La jumelle pauvre de L.A., conglomérat de gratte-ciel et de centres commerciaux pour millionnaires, étouffe sous un ciel bas et gris, malgré les parcs verdoyants qui consomment des milliers de mètres cubes d’eau, l’élixir rationné pour les citoyens. 

Du rétroviseur pendent les fétiches d’Ahmad : portrait plastifié de l’imam Ali, pendentif zoroastrien de Faravahar, chapelet et croix dorée, étoile de David ! L’étoile est le cadeau d’un client VIP, M. Haroun Yashayaï, quatre-vingts ans, producteur et pionnier du septième art iranien. Considéré comme la mémoire vivante de la communauté juive iranienne, Yashayaï « est un patriote qui adore son pays », dit le chauffeur. Il l’admire avant tout pour ses lettres ouvertes adressées « aux petits puissants Ahmadinejad et Benyamin Netanyahou » ! L’ex-président iranien nie l’Holocauste et l’actuel Premier ministre israélien refuse le droit à l’existence d’un peuple. Ils se valent. Voil&a

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