Depuis trois ans et demi, le président Trump viole allègrement les normes écrites – y compris celles qui figurent dans la Constitution, comme les pouvoirs du Congrès – et les normes non écrites, ces traditions qui sous-tendent le système politique et institutionnel américain. Il instrumentalise à son bénéfice et politise la plupart des rouages et services de l’État, depuis les agences de santé (CDC ou FDA) jusqu’à la banque centrale (la FED) et au bureau du recensement. La politisation est particulièrement visible et pernicieuse quand il s’agit du ministère de la Justice, qui dépend de la branche exécutive mais jouit traditionnellement d’une large indépendance. Or, Trump s’ingère dans les poursuites, fait pression sur les directeurs successifs du FBI, dont James Comey qui enquêtait sur le conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn et fut limogé pour « manque de loyauté » au président. Il bafoue les procédures habituelles de gestion des grâces, qu’il accorde à des proches reconnus coupables de corruption, de fraude fiscale ou d’infraction à la législation en matière de financement des élections, dès lors que ce sont

Vous avez aimé ? Partagez-le !