Les migrations environnementales sont-elles un phénomène nouveau ?

La distribution de la population sur la planète est intrinsèquement liée aux conditions environnementales : de l’installation des hommes préhistoriques sur les côtes à la colonisation d’une Europe riche en ressources, les hommes ont toujours été attirés par les environnements propices à leur développement. Ceci dit, l’avènement de la crise environnementale ne nous permet plus d’aborder cela sous l’angle de l’attraction : il s’agit ici d’un phénomène d’exil. Le concept de réfugié environnemental apparaît pour la première fois en 1985 dans un rapport du PNUE, le Programme des Nations unies pour l’environnement. Les institutions s’en emparent au début des années 2010, avec en 2012 la publication d’un rapport de la Banque asiatique de développement et le lancement de l’initiative Nansen, par la Suisse et la Norvège, destinée à améliorer le sort des personnes contraintes de fuir en raison des catastrophes naturelles et des effets du changement climatique. Ce processus intergouvernemental aboutit en 2015 à l’adoption d’un agenda de protection qui marque définitivement la montée en puissance du concept.

Quelles en sont les raisons principales ?

Il existe aujourd’hui deux grands types de causes : d’abord les catastrophes brutales – ouragans, inondations et sécheresses –, qui déplacent aujourd’hui 25 millions de personnes par an en moyenne. Le record, atteint en 2010 avec 41 millions de déplacés, risque d’ailleurs d’être dépassé cette année à cause des moussons catastrophiques en Inde, au Népal et au Bangladesh (déjà

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