Pendant que ça se passe, ils font semblant de ne pas savoir exactement ce qui se passe. Parce qu’on est en minijupe, une cheveux verts, une cheveux orange, forcément, on « baise comme des lapins », donc le viol en train de se commettre n’en est pas tout à fait un. Comme pour la plupart des viols, j’imagine. J’imagine que, depuis, aucun de ces trois types ne s’identifie comme violeur. Car ce qu’ils ont fait, eux, c’est autre chose. À trois avec un fusil contre deux filles qu’ils ont cognées jusqu’à les faire saigner : pas du viol. La preuve : si vraiment on avait tenu à ne pas se faire violer, on aurait préféré mourir, ou on aurait réussi à les tuer. Celles à qui ça arrive, du point de vue des agresseurs, d’une manière ou d’une autre ils s’arrangent pour le croire, tant qu’elles s’en sortent vivantes, c’est que ça ne leur déplaisait pas tant que ça. […]

Les premières années, on a évité d’en parler. Trois ans plus tard, sur les pentes de la Croix Rousse, une fille que j’aime beaucoup se fait violer chez elle, sur la table de la cuisine, par un type qui l’a suivie depuis la rue. Le jour où je l’apprends, je travaille dans un petit magasin de disques, Attaque Sonore, dan

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