Le Covid-19 n’est pas seulement un virus destructeur pour certains organismes, il instille aussi la peur et la zizanie. Après les polémiques sur les masques, sur les distanciations obligatoires ou sur des molécules supposées miracles, les premiers vaccins qui pourraient être distribués d’ici quelques mois susciteront de nouvelles controverses. En 2017, la fondation Jean-Jaurès a sondé la perméabilité des Français au complotisme. Parmi onze affirmations, l’idée selon laquelle le ministère de la Santé serait de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher la nocivité des vaccins arrivait en deuxième place. Dans la patrie de Pasteur, Descartes, Voltaire et Diderot, ces croyances sont le symptôme d’une étrange défaite. Pour une part non négligeable d’entre nous, la science et le progrès, systématiquement associés aux maux de nos sociétés développées, n’ont plus la cote.

Les antivaccins forment une galaxie ancienne. La géographe Lucie Guimier nous rappelle qu’en France, elle s’est constituée dès la fin du XIXe siècle, à l’occasion des premiers débats sur l’obligation vaccinale. Au cocktail d’homéopathes et de médecins libéraux refusant l’intervention de l’État se sont adjoints des groupuscules religieux de toute confession et des écolos radicaux. Rassemblés par un socle de valeurs morales (désir de pureté, d’indépendance et de liberté), ces antivax – leur appellation à la mode – accompagnent et nourrissent la courbe des contestations anti-système.

Tout autre est la position des hésitants, ces parents inquiets du bien-être de leurs enfants, affolés par ce qu’ils lisent sur Internet : après tout, l’ingest

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