La nomination de ministres issus de la société civile dans le gouvernement dirigé par Édouard Philippe est probablement l’une des mesures qui a recueilli le plus large assentiment dans l’opinion depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Pratique ancienne dans la République, si l’on pense à l’entrée d’Irène Joliot-Curie, Prix Nobel de Chimie, dans le gouvernement de Léon Blum en 1936, elle connaît aujourd’hui un point d’orgue alors que les divers scandales éclaboussant des personnalités politiques de tous bords paraissent légitimer encore davantage cette démarche. 

L’émergence de personnalités de la société civile correspond à une triple demande, récurrente, de l’opinion publique. Que l’exercice de responsabilités politiques ne soit pas réservé à une caste qui passe sa vie sous les ors de la République et se trouve ainsi inéluctablement confrontée à l’effet corrupteur d’un pouvoir dont elle finit par oublier qu’elle n’est que le dépositaire temporaire. Que le « gouvernement des meilleurs », fantasme démocratique du moment, permette aux représentants illustres d’un secteur donné de prendre les décisions nécessaires à sa réforme, plutôt que de confier les rênes à des politiciens généralistes qui passent d’un ministère &agr

Vous avez aimé ? Partagez-le !