Les jeunes ont été la catégorie la plus touchée économiquement depuis le début de cette crise, et c’est tout sauf une surprise. D’abord parce que c’est une logique qu’on peut retrouver lors de la survenue de chaque grande crise. La jeunesse est un âge où on entre sur le marché du travail, où on ne dispose pas d’un contrat stable, où notre business, si on est entrepreneur, n’est pas encore suffisamment installé… Et les jeunes, arrivés plus récemment ou moins protégés, servent alors bien souvent de variable d’ajustement, ce qui explique qu’ils soient les premiers touchés, comme on a pu l’observer déjà dans les années 1970 ou après 2008-2009. On peut donc s’attendre aux mêmes effets à moyen ou long terme, avec un laps d’une grosse décennie avant que ceux qui auront eu la malchance de devoir affronter cette pandémie à ce moment clé de leur vie puissent retrouver un revenu du travail équivalent à celui des personnes qui seront entrées dans la vie active lors d’une période de plus grande prospérité. Pourquoi ? Parce qu’ils vont être conduits à accepter des emplois qui ne correspondront ni à leurs aspirations ni à leur niveau de diplôme. Et parce que les entreprises, ne pouvant réduire le revenu des salariés déjà en place, risquent de tirer vers le bas les salaires des nouveaux arrivants, donc des plus jeunes.

Mais il y a également une seconde dimension spécifique à cette crise sanitaire. Les chiffres dont on dispose aujourd’hui sont souvent en trompe-l’œil. Le gouvernement peut se réjouir, par exemple, que la France n’ait jamais e

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