La tempête approche, menaçante. Un vent en provenance du Grand Est, dont on ignore encore ici la puissance et la trajectoire. Alors Emma se prépare, comme elle peut. Elle s’entraîne à enfiler sa combinaison, son masque, sa charlotte et ses gants, puis à les retirer, prudemment. Elle fait l’inventaire du matériel, compte les lits disponibles et dresse des listes de noms de soignants volontaires. Elle profite aussi du temps qu’elle peut encore passer avec ses deux filles, âgées de 5 et 9 ans. Une dernière balade en rollers, le long de la plage. Encore quelques gestes tendres, avant des précautions plus strictes. Car les jours passent et balayent avec eux l’espoir que la jeune femme avait de voir sa ville bien-aimée épargnée par la pandémie.

Emma a 39 ans, elle est infirmière de réanimation dans un grand hôpital marseillais. À l’heure où elle nous parle, le Covid-19 leur laisse encore, à elle et à ses collègues, le temps de faire leur travail. Dans son service, une « zone tampon » permet déjà de minimiser les risques de contamination entre patients. Lorsqu’elles arrivent aux urgences, les personnes suspectées d’être atteinte

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