Une partie des utilisateurs de smartphone l’utilisent environ deux cents fois par jour. Que vous inspire cette pratique ?

Je vais sans doute vous décevoir. Le bon « philosophe de service » entonnerait sûrement le couplet bien huilé de l’isolement des foules derrière l’apparence de la communication. Il stigmatiserait l’addiction au smartphone, l’illusion d’augmenter les relations humaines alors qu’elles ne font selon lui que s’appauvrir, plongés que nous sommes dans la déréliction d’une technoscience qui déshumanise, sépare les individus du collectif et les replie sur leurs ego narcissiques, etc. Tarte à la crème qui garantit au pâtissier les applaudissements de tous les vieux schnocks de droite comme de gauche. Le problème, c’est que le smartphone représente en réalité un formidable progrès. Plus généralement, l’explosion des objets connectés repose sur une révolution technologique dont les enjeux sont d’une importance cruciale, une révolution qui va davantage changer le monde dans les trente ans qui viennent qu’il ne l’a été dans les trois mille qui précèdent. Les pleurnicheries pseudo-humanistes sur l’effondrement de l’humanité dans l’« individualisme néolibéral américanisé » sont, hélas, à des années-lumière ne fût-ce que d’entrevoir ce qui se joue aujourd’hui avec ces nouvelles technologies... 

À quel besoin correspond l’utilisation compulsive de cet objet. Que dit-il de notre société ?

Je ne suis pas du tout certain qu’il s’agisse forcément de troubles obsessionnels compulsifs, encore moins d’une m

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