Le monde contemporain est marqué par les défis du vivant. Le développement des biotechnologies implique des disruptions tout à fait inédites dans l’origine, dans la procréation, le genre et la filiation, voire dans la possibilité de prédire le destin d’un être humain. Un monde inconnu est en train d’apparaître. On ne sait pas encore ce qu’il est vraiment. Les différences entre les sexes et les générations sont remises en question. Qu’est-ce qu’un père ? Qu’est-ce qu’une mère ? Qu’est-ce qu’un homme, ou une femme ? Tous les repères, les socles anthropologiques se fissurent. Les biocatastrophistes affirment que tout se perd. Des tensions extraordinaires émergent en lien avec les possibilités des biotechnologies. Comment émergent ces controverses du vivant ? S’agit-il de crises symboliques ou de difficultés induites par le fait que le monde change plus vite que notre capacité à le suivre. Le temps de la science, des technologies possibles, avance plus rapidement que le temps des représentations. Ce qui se présente va plus vite que ce qui se représente.

Prenons l’exemple du don de sperme ou d’ovocytes, sujet à controverse : il a bouleversé nos repères symboliques. Alors que le père avait toujours été considéré comme incertain, la mère le devient à son tour sous l’effet des biotechnologies. Qui est-elle ? Est-ce celle qui donne l’ovule (don de gamète) ou celle qui donne le ventre (gestation pour autrui) ? Celle qui désire l’enfant ou celle qui lui donne naissance ?

Dans notre imaginaire commun, fondé sur les mythes et les religions, les filiations vont déjà pourtant au-delà du biologique : Marie reste vierge tout en donnant naissance à Jésus ; sa propre mère, sainte Anne, était stérile ; et Élisabeth est une femme &aci

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