« Le cauchemar de l’opulence. Accumulation fantastique de tout. Une abondance qui inspire la nausée… » Le trait est de Cioran, dans ses Cahiers. Féroce mais juste : c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que tant d’humains disposent de tant de biens. Les classes moyennes de tous les pays vivent quotidiennement avec une pléthore de nourriture, de vêtements, d’informations, de distractions. Et cette profusion s’accompagne d’une incitation à consommer inlassablement tous ces biens.

Notre société d’hyperconsommation se caractérise depuis les années 1990 par une exploitation professionnalisée des besoins humains, ne se contentant plus de satisfaire ces derniers, mais cherchant aussi à les éveiller et à en créer sans cesse de nouveaux. Il s’agit de faire consommer les humains largement au-delà de leurs appétits. Je m’étais un jour sèchement querellé avec la dirigeante d’un grand groupe de pub, qui me soutenait que « nul n’est obligé de surconsommer et chacun reste libre de ses choix ». Tu parles !

La lutte est inégale entre, d’un côté, des firmes parfaitement au courant du fonctionnement de nos cerveaux et, de l’autre, des humains peu attentifs aux subtilités de leur vie psychique. La consommation est une solution plus simple que l’introspection pour assurer notre équilibre i

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