On s’accorde généralement à dire que les députés ne représentent pas la diversité de la société française. Qu’en est-il depuis une vingtaine d’années ?

En 1978, il y avait encore 10 % d’employés et d’ouvriers à l’Assemblée nationale. Ce n’était pas beaucoup, mais cela faisait tout de même une cinquantaine de députés. Aujourd’hui, il n’y en a plus. Ce qui a changé aussi, c’est la montée en puissance de la « République des assistants parlementaires », c’est-à-dire des personnes qui sont entrées en politique par cette voie et qui, surtout, n’ont pas fait autre chose. Ceux dont on dit qu’ils n’ont pas connu « la vraie vie ». Ils représentent tout de même près d’un quart des députés.

Plus précisément, quelle est la composition sociologique de l’Assemblée actuelle ?

Cette assemblée se caractérise par un ni-ni : ni les élites de la société ni les ouvriers. Aucune de ces catégories n’y a véritablement sa part, alors que c’était le cas auparavant. De ce point de vue, il y a une plus grande homogénéisation sociale. C’est une Assemblée de cadres supérieurs et de fonctionnaires. Un député sur deux est fonctionnaire, alors que dans les pays voisins c’est un sur trois. Les enseignants représentent par exemple de l’ordre de 20 % des députés. Les commerçants et les agriculteurs, contrairement à ce qu’on dit, ont une représentation dans l’Assemblée correspondant à leurs poids dans la société. Les catégories les plus élitistes sont moins présentes qu’il y a trente ans, sans doute parce que pour être élu, il est nécessaire d’investir de son temps. Avant de devenir maire, il faut quinze ou vingt ans de préparation, et beaucoup d’abnégat

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