Déjeuner avec un adversaire politique est un sport que j’avais appris à aimer.

D’abord parce que j’aimais bien manger. Mais surtout parce que j’ai très vite compris que, pour réussir en politique, il fallait aimer tout ce qui semble abominable à un esprit raisonnable. Qui pouvait se réjouir de déjeuner avec un type qu’il déteste ? Qui pouvait trouver sérieux de conclure un accord avec quelqu’un qui ne les respecte jamais ? Et qui pouvait passer plus de temps à lutter contre des gens du même bord qu’avec des gens du bord opposé ? Un homme politique. Ou pire, un apparatchik. 

Les règles d’un déjeuner politique ont beau être non écrites, elles n’en sont pas moins strictes. Tout compte : le lieu, la durée, la longueur des échanges, l’éventuelle conférence de presse qui suit. Tout est possible : jouer l’attaque, la défense, le contre ou le match nul. On peut vouloir informer, s’informer, désinformer ; on peut gagner ou bien perdre, mais pour durer, il faut connaître et respecter les règles.

Règle no 1 : On laisse toujours parler un élu. Un bon déjeuner politique, c’est celui où l’autre parle de son s

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