Lors de mon premier voyage à Istanbul, j’avais découvert un lieu étrange face au tramway qui relie la place Taksim au carrefour de Tünel par l’avenue Istiklal. C’était une vaste demeure, décrépie et inhabitée, où une tribu d’adorables félins avait élu résidence. Avec les enfants, nous l’avions appelée la « maison des chats ». Dans ce quartier de Beyoglu, entre la Corne d’or et le Bosphore, je me souviens du vieux tripot si enfumé que l’on pouvait à peine y lire son jeu, des chants incandescents des supporters du Galatasaray un soir de Coupe d’Europe, de la descente sinueuse vers la tour de Galata, mais c’est la « maison des chats » que j’avais le plus aimée. 

Ce printemps, je descendais à nouveau l’avenue Istiklal avec Can Dündar, alors rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet (« la république »). Grâce à l’indépendance rare et courageuse des magistrats de la Cour constitutionnelle, ce célèbre journaliste sor

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