Dans une nation civique comme la France, dans laquelle l’unité est censée reposer sur l’adhésion à des valeurs et à des principes, le souverainisme – le visage du nationalisme considéré aujourd’hui comme le plus acceptable publiquement – est généralement défini comme un phénomène essentiellement politique. Politique, le refus de valider le référendum en faveur d’une constitution européenne en 2005. Politique, la volonté de récupérer son indépendance et ses marges de manœuvre, présentée comme la raison principale de l’euroscepticisme. Politique, enfin, le désir de voir le monde gouverné par les États-nations, jugés plus proches du citoyen que les organisations internationales ou les institutions supranationales comme l’Union européenne.

Alors que la question de la souveraineté s’est imposée lors de la dernière élection présidentielle comme l’un des principaux clivages de la vie politique française – on se souvient de la mise en scène du combat entre « mondialistes » et « patriotes » –, ce constat est difficilement contestable. Mais il n’explique pas ce qui motive les souverainistes dans leur désir profond de « reprendre le contrôle ». Prise sous cet angle, la question au cœur du souverainisme prend alors une tournure essentiellement culturelle. Car c’est le plus souvent au nom de la défense de l’identité culturelle que les amoureux de la nation revendiquent de lutter pour préserver la singularité nationale. Et c’est pour protéger les traditions culturelles issues d’un passé glorieux, qu’ils prét

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