Quotidienne

Isabelle Eshraghi : « Je voulais aller vers ma part d’iranité »

Marie Deshayes, journaliste

Photojournaliste franco-iranienne à l’agence Vu, Isabelle Eshraghi a travaillé pendant vingt ans sur la situation des femmes en Afrique et au Moyen-Orient. Elle nous dévoile son rapport avec son pays natal et comment elle a pu y exercer son métier, malgré les entraves. 

Isabelle Eshraghi : « Je voulais aller vers ma part d’iranité »
Autoportrait d'Isabelle Eshraghi à Téhéran, en juin 1996, alors qu'elle retournait en Iran pour la première fois © Isabelle Eshraghi / Agence Vu

Vous êtes née en Iran, à Ispahan, en 1964, et vous avez grandi en France. Avez-vous gardé des souvenirs d’enfance de votre pays natal ? 

Non, j’étais trop petite quand je suis partie pour la France. Je suis retournée à Ispahan pour la première fois en 1996, à 32 ans. Une anecdote : au cours de ce séjour, j’ai mangé une glace – ils en font de très bonnes au safran, à la pistache, à l’eau de rose… – et je me suis dit que je connaissais déjà ce goût. Quand je suis entrée dans le bazar d’Ispahan – un vrai labyrinthe, les touristes s’y perdent –, je me suis sentie chez moi. Il y avait des choses de mon passé qui ressurgissaient. 

D’où venait ce besoin ou ce désir de retourner sur place ? 

Sur mes papiers d’identité, il y avait, et il y aura toujours : « née à Ispahan ». Je voulais voir où je suis née, d’où je viens, aller vers cette part d’ombre, d’iranité, que je ne connaissais pas. 

C’est le moment aussi où je suis devenue mère, j’ai vu ma fille grandir. Entre zéro et trois ans, on mange, on pleure, on tombe pour la première fois. Je pense que c’est le moment de la vie où le développement psych

31 octobre 2022
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