Quotidienne

Dans la grotte Cosquer, « le choc climatique se fait sentir »

Iman Ahmed, éditrice adjointe de Zadig et Légende

Emma Flacard, journaliste

Luc Vanrell, plongeur et archéologue, enquête sur des disparitions : celle d’Antoine de Saint-Exupéry, au large de Marseille, et celle des peintures rupestres dans la grotte Cosquer. À la veille de la Journée des océans, Zadig plonge avec lui.

Dans la grotte Cosquer, « le choc climatique se fait sentir »

Luc Vanrell piste l’empreinte des hommes sur le monde : des peintures rupestres dans une grotte au large de Marseille aux épaves d’avions abattus en vol. À la fin des années 1990, un pêcheur marseillais retrouve une gourmette appartenant à Antoine de Saint-Exupéry, non loin de ses fouilles archéologiques. Le plongeur prend part aux recherches et un jeu de piste s’amorce, qui durera près de vingt ans et conduira à la rencontre entre le neveu de l’écrivain et le pilote allemand qui abattit l’avion.

Les vestiges confrontent aussi l’archéologue à ce qui est à venir. Depuis 2011, Luc Vanrell assiste à la disparition, millimètre par millimètre, des traces d’une époque. Dans la grotte Cosquer, dont l’entrée est à 37 mètres sous l’eau dans les calanques marseillaises, les peintures rupestres sont menacées par la montée du niveau de la mer. Alors qu’une réplique du site préhistorique vient d’ouvrir ses portes aux touristes, sur les murs de la grotte, les chevaux boivent la tasse.

 

À quoi ressemble votre France ?

J’ai toujours posé mon sac en Provence mais j’ai couru à travers le monde. Pour la préhistoire, je suis content d’avoir pu partager ma vie avec des tribus en Asie du Sud-Est et du golfe du Bengale qui vivent coupées du monde moderne. Ça m’a aidé à comprendre la spiritualité des groupes humains qui vivent dans la nature sauvage.  

Les plus beaux fonds marins sont, selon moi, dans l’archipel de Riou, au large de Marseille. C’est magique, c’est époustouflant. Tant par la densité et la taille de la faune, mais aussi surtout le paysage. On est sur des paysages quasiment de type alpin, immergés et colonisés par des gorgones [coraux, NDLR] gigantesques, par toute une vie fixée, qui donne des couleurs chaudes, chatoyantes, magnifiques.

Comment êtes-vous arrivé là ?

Je suis scaphandrier classe III, j’ai toujours été dans la plongée scientifique. J’ai commencé dans la biologie marine et puis je suis retourné à mes amours de jeunesse, l’archéologie. Je suis issu du terrain plutôt que de l’université.

« En 1969, j’ai 9 ans quand je découvre une grotte sépulcrale vierge avec des camarades »

Mon père était « correspondant des antiquités »

07 juin 2022