La chanson a-t-elle pour vocation de proposer une peinture sociale ?

Je fais partie de ceux qui considèrent que la chanson a toujours dit la société. On y livre son intimité, ses fractures personnelles, sa relation à l’autre, son envie ou son bonheur d’être amoureux, son désespoir d’être quitté. Cette implication de l’intime dit forcément beaucoup sur les autres. 

Depuis que la chanson moderne existe, elle a toujours dit le monde, elle l’a parfois questionné, bousculé. La chanson change-t-elle le monde ? Voilà une question à laquelle les artistes auteurs-compositeurs-interprètes répondent de manières différentes. Selon moi, elle change le monde. Pour moi, la moindre petite chanson populaire méprisée par les intellectuels dit beaucoup.  Songez par exemple à Sheila, toute jeune. Sur la face A de son disque elle chante L’école est finie, et en face B vous trouvez Papa t’es plus dans l’coup.

La chanson a-t-elle joué un rôle dans l’histoire ?

La chanson, c’est le lien de reconnaissance sociale, le socle d’une caste sociale, c’est le collectif, encore plus à une période où la télévision ou la radio n’existent pas. Les chansons révolutionnaires ont joué ce rôle en 1789, en 1848 ou lors de la Commune de Paris. Les poilus dans les tranchées chantaient eux aussi pour se donner du courage. Plus tard, l’une des premières chansons de Charles Trenet est Boum !, en 1938. L’année suivante, le monde explose…

Mais, à partir de l’après-guerre, c’est l’inverse : on sent la volonté d’oublier la guerre. On veut inventer une nouvelle philosophie faite de plaisirs. L’arrivée du jazz et du swing dans la chanson française en change la facture : on se met à &eacut

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