Je suis né poétiquement en Belgique avec la pop des sixties mais j’ai été nourri par un catalogue de disques qui s’appelait Folkways, une véritable collection d’enregistrements traditionnels et contemporains de partout dans le monde. Dylan s’en est inspiré, même Woody Guthrie, qui était faussement hobo, itinérant et pauvre. Ils prônaient tous deux une chanson un peu ouvriériste, engagée. Depuis lors, je me suis juré de m’engager dans un récit crédible de portraits. Mes chroniques, ce n’est pas moi. Dylan, ses récits sont devenus autobiographiques, mais il a fait des chroniques comme Ballad of Hollis Brown. Est-ce une chanson engagée ? Non. C’est une chanson sur une banlieue infecte où les enfants ont du mal à sourire. Est-ce un engagement ? Non. C’est un récit. Je contribue à ça, à un récit des choses que je vois. Si l’engagement politique c’est donner une opinion, hurler au vent avec une guitare, très peu pour moi. Je considère qu’il y a une certaine exigence de qualité à avoir, c’est la beauté qui est révolutionnaire. J’emprunte aux autres et je rajoute des couplets. Mireille, par exemple, c’est une histoire misérable, une de celles qui se racontent dans les cafés. Peut

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