Rien ne semble l’atteindre. Voilà un homme qui traîne une quantité astronomique de casseroles, dont la pire – son comportement lors du putsch d’opérette du 6 janvier 2021 au Capitole pour empêcher Joe Biden d’être intronisé – aurait dû lui valoir depuis longtemps une mise en accusation. Mais, non, il continue de parader, et le Parti républicain, tétanisé, lui brosse les souliers. Quant à sa base, comme on dit, elle le suit comme on suit un prophète, ou un mage. Pour ses fidèles, il est irremplaçable ; s’il s’effaçait, ils seraient orphelins.

On le dit l’as de l’occupation du terrain – propos outranciers, réseaux sociaux, télé, meetings, etc. Il l’est, bien sûr. Seulement, ce n’est que l’emballage. Ce qu’il est surtout, depuis le premier jour, c’est le champion du maniement des émotions. Il donne forme au ressenti de ses partisans. Il sait leurs aspirations. Et c’est pour cela que son succès ne se dément pas. En campagne, en 2016, n’avait-il pas dit : « Je pourrais tuer quelqu’un sur la Cinquième Avenue, je ne perdrais pas un électeur. » Lors de sa défaite à l’élection présidentielle de 2020, beaucoup d’Américains ont cru que le glas avait sonné pour lui. Mais, depuis, son aura parmi ses partisans a grandi plus encore.

La recette reste toujours la même : attiser les peurs et les ressentiments, flatter les désirs de revanche contre les forces du démon – le grand remplacement qui change la face de l’Amérique, la criminalité incontrôlée attribuée aux seuls Noirs et Latinos, le système scolaire qui pervertit les petites têtes innocentes, l’insupportable émancipation des

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