Pas une semaine ne passe sans que l’on entende, dans les médias, des intellectuels, des artistes ou des personnalités politiques dénoncer les effets supposés nocifs des réseaux sociaux dans le débat public. Brutalisation des échanges, harcèlement militant et bulles idéologiques se substitueraient ainsi au bon vieux débat contradictoire, rationnel et pacifique. Pour les chercheurs qui s’intéressent aux enjeux politiques et sociaux d’Internet, ce retournement de situation a de quoi surprendre.

Lors de l’avènement d’un Internet grand public dans les années 1990 puis 2000, le Web et les plateformes d’échange étaient majoritairement perçus comme des agoras inclusives, où chacun pouvait prendre la parole, et où la liberté d’expression de toutes et tous était respectée. Internet, en tant que réseau ouvert et décentralisé, donnait naissance à des échanges horizontaux et égalitaires, accompagnant une démocratisation des savoirs. L’anonymat autorisait de nouvelles explorations intellectuelles, en permettant de s’affranchir des carcans sociaux qui nous empêchent de parler en public de certains sujets sensibles. Les forums et les wikis collaboratifs permettaient l’expression d’une intelligence collective qui bénéficiait au plus grand nombre.

Les débats qui accompagnèrent le référendum sur le Trait

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