Portrait

Greta Thunberg, le sens d’un combat

Son visage poupin, encadré par deux longues nattes châtaines, est devenu celui d’une génération. À 16 ans, la jeune Suédoise Greta Thunberg est à l’origine de la mobilisation mondiale de la jeunesse pour le climat. 

C’est seule, armée d’un morceau de carton en guise de pancarte, que l’adolescente démarre le combat, à la fin de l’été 2018. Tandis que ses camarades reprennent le chemin du collège, Greta préfère emprunter celui du Parlement suédois, au centre de Stockholm, devant lequel elle campe des jours durant en signe de protestation contre l’inaction de son pays face au réchauffement climatique. À quelques semaines des élections législatives, l’adolescente, diagnostiquée autiste Asperger à la suite d’une dépression précoce, réclame des mesures efficaces pour baisser les émissions de carbone de son pays. Rapidement, elle attire l’attention des médias et des politiques. En décembre de cette même année, à Katowice, en Pologne, elle est invitée à venir s’exprimer à l’occasion de la COP24. Avec son père, elle fait le trajet depuis la Suède en voiture électrique. Ses discours, étonnants de maturité, font le tour du monde. « Nous n’avons plus d’excuses, et nous n’avons plus le temps, déclare-t-elle. Nous sommes venus ici pour que vous sachiez que le changement arrive, que vous soyez d’accord ou non. Le vrai pouvoir appartient au peuple. » Un mois plus tard, au Sommet de Davos, elle se confronte aux grands acteurs économiques mondiaux. Instrumentalisée pour certains, véritable vent d’espoir pour d’autres, Greta Thunberg ne laisse en tout cas pas indifférent.

Profitant de sa notoriété naissante, elle a lancé un appel international à la grève scolaire pour le 15 mars 2019. En attendant ce grand rendez-vous, elle continue chaque vendredi de sécher les cours en signe de résistance et voyage à travers l’Europe pour soutenir les milliers de collégiens, lycéens et étudiants qui ont depuis suivi son exemple. Le 23 février dernier, Greta Thunberg a notamment marché aux côtés des étudiants parisiens, comme souvent l’air grave et le sourire rare. 

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