Le ciné-club de Robert Solé

[Labyrinthes]

Pour un cinéaste, les dérèglements du cerveau sont une mine. Ainsi, la maladie d’Alzheimer, de plus en plus visible dans nos sociétés vieillissantes, a donné lieu ces dernières années à plusieurs films poignants, comme Still Alice de Glatzer et Westmoreland, qui a valu à Julianne Moore l’Oscar 2015 de la meilleure actrice.

Mais le cerveau offre aussi une palette infinie à la science-fiction. Partant de l’idée – fausse – selon laquelle nous n’utilisons que 10 % de nos capacités cérébrales, Lucy, réalisé en 2014 par Luc Besson, ne recule devant aucun excès. L’héroïne, incarnée par Scarlett Johansson, acquiert des pouvoirs illimités à partir du moment où on lui inocule une mystérieuse molécule…

Leonardo DiCaprio, lui, est le personnage principal de deux films jumeaux, sortis en 2010. Shutter Island de Martin Scorsese nous emmène dans un hôpital psychiatrique aux méthodes effrayantes, où les soignants ont l’air aussi malades que leurs dangereux patients. Quant à Inception de Christopher Nolan, c’est l’histoire d’un homme capable de partager les rêves d’autres personnes et que l’on charge d’implanter une idée destructrice dans le cerveau du patron d’une multinationale… Ces deux thrillers oniriques sont servis par des effets visuels saisissants.

« Le cerveau est un territoire idéal à explorer, car il permet de tout faire », disait Christopher Nolan. Tout faire, en effet, et même parfois trop en faire, au risque d’abandonner toute vraisemblance. Mais le spectateur est là pour s’évader, quitte à se perdre souvent dans ces films-labyrinthes qui, en chauffant ses neurones, réussissent aussi à l’émouvoir. 

[…]
Haut de page

Tous les numéros du 1

Sommaire
La voix du poète Le lobe à monstres
Le ciné-club de Robert Solé [Labyrinthes]Robert Solé