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L’effroi et la honte

C’est un soir en plein mois d’août, dans Paris à l’abandon, quai des Célestins. Un homme est étendu sur le dos, en travers du trottoir. De loin, on le croirait mort ou tombé sans connaissance. En fait il somnole, ivre. Il entrouvre les yeux en sentant ma présence, m’adresse un sourire d’une invraisemblable douceur, articule quelque chose que je ne comprends pas. Il doit avoir trente ans, il est blond, joli garçon. « C’est dangereux de rester là, vous êtes sur la piste cyclable. » 

Je crois qu’il me tend la main pour que je l’aide à se relever, mais quand je m’en saisis, il la retire. Ce qu’il veut, c’est me caresser la joue, non pas pour me remercier, plutôt pour me consoler, dirait-on, moi qu’il voit peinée au-dessus de lui. La situation est un peu inouïe, je ne sais plus trop que faire. Un autre homme s’est approché, c’est le copain du premier. Il a pas mal bu lui aussi. Je lui dis qu’il faudrait appeler le 115, qu’on ne peut pas le laisser là. Il en convient. « Mais après comment je fais, je ne peux pas le porter sur mon dos. » Certes.

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