De tout ce que nous avons vécu, le plus fondamental et le plus fort c’est la peur et son dérivé, un abject sentiment de honte et de totale impuissance, disait la poète russe Anna Akhmatova. 

Et c’est à ces mots que je pense, en respirant l’air frais, l’air printanier, qui monte de la place de la République à Paris, de la place du Capitole à Toulouse, et des autres places des autres villes où se rassemble la nuit une jeunesse en quête de mots, et de démocratie.

Car si quelque chose est antinomique avec l’idée même de jeunesse, par tous les temps, dans tous les lieux, c’est bien la peur, et son autre nom, la résignation.

Or elles sont bien partout, ces deux-là. Peur du chômage, et peur du lendemain, peur de mourir de tout (l’air pollué, les petits chefs pervers, les pesticides partout, la bouffe industrielle, les microbes, les trahisons, les bombes, les voisins, la violence) et peur de vivre tout court, peur d’avoir peur, de tomber malade de peur, et d’en mourir. 

Résignation. On ne peut rien faire. Rien de rien. Rien pour personne, personne ne vous le rendra, chacun

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