« Monsieur, je sais bien que ça n’a pas vraiment de rapport avec le cours, mais vous pourriez nous expliquer un peu ce qui se passe ? »

Cette question, c’est l’ordinaire des enseignants. Au collège, peu importe la matière – même si l’histoire-géographie et les lettres sont en première ligne –, on l’entend souvent ; elle revient comme une vague en fonction de l’actualité. Lorsque les questions sont sincères, il est toujours dommage de ne pas y répondre, alors, pour un temps, on enseigne le rapport au temps présent – en tâtonnant, parfois –, on essaie de démêler le vrai du faux, de pousser tout un chacun à prendre de la distance. On prend ça sous l’angle de l’éducation aux médias, pour donner une légitimité à nos réponses, mais aussi à leurs questions. L’exercice semble périlleux de prime abord, surtout lorsqu’on a ouvert les vannes et qu’elles libèrent des torrents boueux où se mêlent incompréhensions, bêtises, préjugés. Mais il est réjouissant aussi, car nos élèves sont plus réceptifs et ouverts à la discussion qu’on ne le croit souvent. Il nous faut toujours parier sur leur intelligence.

« Monsieur, vous pourriez nous parler de Gaza ? »

Avec l’expérience, on pourrait apprendre à reconnaître ce qui tient de la provocation et ce qui tient du questionnement sincère dans les discours parfois étranges des élèves : mais le

Vous avez aimé ? Partagez-le !