Je n’ai jamais peur en descente. J’ai un sentiment de maîtrise, même si c’est une vue de l’esprit. En course, on prend beaucoup de virages à l’aveugle, avec des revêtements un peu hasardeux. Mais au sortir d’un virage, je pense souvent que j’aurais pu passer plus vite. Quand la bataille fait rage dans le col, l’altitude aidant, on n’a pas toutes ses facultés d’attention une fois le sommet franchi. C’est bouleversant de passer soudain de 15-20 kilomètres heure à plus de 60, 70, 80 et parfois plus de 90 kilomètres heure. Ce ne sont plus les mêmes sensations. On ne tient plus le cintre au même endroit – on a les mains en bas du guidon –, le vent nous balaie le visage, on doit retrouver les sensations de freinage. La transition est difficile, surtout quand l’effort a été total dans la montée. Descendre demande une totale lucidité.

C’est aussi très grisant. On est en souffrance et tout d’un coup, après

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