La tentation est forte, en pleine crise, de se centrer sur le thermomètre le plus connu, et faisant partie de la boîte à outils et du langage commun. C’est donc le PIB, et, dans le cas de la crise sanitaire et de la période de confinement qui a suivi, sa spectaculaire rétractation qui sont largement mis en avant. Sont ainsi évoquées des récessions inédites de l’ordre de - 6 à - 12 % de perte de PIB en volume sur l’année. La plupart des économistes préconisent une relance massive pour amortir ces chocs et pour retrouver ces points de croissance perdus. Ils suggèrent souvent (à demi-mot ou de manière plus décomplexée) qu’il faudra ensuite abandonner ce keynésianisme de circonstance et revenir dès que possible aux dogmes orthodoxes : renouer avec la rassurante austérité budgétaire ; relancer la division internationale du travail et le commerce mondial ; affaiblir les quelques régulations environnementales jusqu’ici acquises pour « libérer la croissance » ; rogner à nouveau sur les dépenses publiques (dépenses sociales et services publics) pour apurer les dettes qui auront été accumulées et qui, sinon, « pèseront sur les générations futures ». Au total, l’unique objectif s

Vous avez aimé ? Partagez-le !