La crise que nous traversons révèle et exacerbe de façon spectaculaire les inégalités qui fracturent notre société. Même si nous ne disposons pas de données précises sur l’appartenance sociale des personnes décédées et en réanimation, il semble d’ores et déjà – notamment au vu des lieux d’hospitalisation – que les personnes appartenant aux milieux les plus modestes sont les plus touchées, parce que leur santé est plus fragile (elles sont atteintes de diabète, d’hypertension ou d’obésité) – en raison d’une « carrière » de renoncement aux soins, d’une mauvaise alimentation et d’un environnement pollué.

Mais c’est aussi parce qu’il s’agit de celles et ceux dont les conditions de travail sont les plus dures et qui sont aujourd’hui en première ligne dans la lutte contre le virus. Pendant que beaucoup sont protégés et télétravaillent, continuant à exercer leurs activités presque comme avant, d’autres – aides-soignantes, personnels de nettoyage, auxiliaires de vie, aides à domicile, caissières, agents de sécurité, livreurs… – vont au travail, prennent les transports en commun, côtoient les clients, se pressent dans les entrepôts, dans les rayons ou sur les chantiers, tentant tant bien que mal de se protéger avec des moyens de fortune alors que trop souvent les équipements nécessaires sont inexistants. C’est un fait qui saute aux yeux de tous désormais : ce sont ceux dont les métiers étaient les moins en vue, les moins considérés, souvent regroupés dans la catégorie « emplois non qualifiés » (on en compte 5 millions en France), ceux qui dans l’échelle du prestige social, d

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