Maintenant nous savons qu’elle existe. La fin. Que « l’on contient sa mort comme le fruit son noyau », ainsi que le disait Rilke. Elle est notre inévitable, et le chemin solitaire de chacun de nous est sans doute utile à cela : apprivoiser cette solitude qui sera l’essence même de notre disparition. Je crois que nous l’avions plus ou moins oublié. Que nombre d’entre nous considéraient la mort comme une injustice ou un échec, et même mourir âgé paraissait une offense. Nous avions mis de côté la fragilité de la condition humaine, nous avions cette arrogance. C’est miracle que d’être en vie. C’est miracle, le fonctionnement d’un corps en bonne santé. C’est miracle de se connaître les uns les autres, et de parfois s’aimer. Aller les uns vers les autres, quel privilège, quel plaisir… J’ai toujours pensé que la plus jolie phrase en langue française était : « J’ai rendez-vous avec vous. » D’abord parce qu’elle sonne bien, elle est douce, sensuelle, et ensuite parce qu’elle est éphémère, donc inestimable (du « vous » on finir

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