Qu’est-ce que mourir dignement ? Lorsqu’on écoute les individus évoquer cette notion, on entend leur crainte de voir disparaître, avec leur « autonomie », le sentiment de dignité d’eux-mêmes. D’abord parce que la société a un biais « autonomiste » pour concevoir la dignité, alors qu’il faudrait la situer du côté de l’autodétermination, et qu’elle a tendance à maltraiter ceux qui ne peuvent s’engager dans un rapport de force pour faire respecter leur dignité humaine. Mais également parce que l’individu intériorise de plus en plus la contrainte de la performance et assimile dépendance et perte de dignité. Donc « mourir dans la dignité » revient à imposer à autrui le fait de se conduire dignement envers celui qui est le plus vulnérable, quelle que soit sa situation de vulnérabilité. En sachant que cette obligation de conduite envers la personne qui désire abréger ses souffrances ou sa vie englobe l’ensemble des choix possibles et parfois antinomiques : soit pouvoir accéder à des soins palliatifs de qualité, soit pouvoir anticiper le moment de son départ, et être assuré dans ce cas de conditions dignes d’autodétermination, que celle-ci se fasse en personne ou par le biais d’un tiers de confiance en position de déf

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