ROUEN. L’entrée du service détonne. Deux arbres en métal encadrent une porte battante couleur corail. En hauteur, une plaque indique : « Unité de médecine palliative ». Dans ce service du Centre hospitalier universitaire Charles-Nicolle, à Rouen, un véritable effort est fait pour masquer le contexte hospitalier : présence de petits animaux de compagnie tolérée, visites hors des heures officielles autorisées, possibilité pour les proches de passer la nuit…

Importé du Royaume-Uni à la fin des années 1980, le concept des soins palliatifs vise à soulager l’ensemble des symptômes de maladies lourdes et complexes, bien souvent incurables. Quatre décennies plus tard, dans ce service normand pourvu de douze lits, le projet d’évolution de la loi sur la fin de vie interroge les soignants, sans pour autant susciter d’inquiétudes profondes ou de grands discours véhéments.

Les demandes d’euthanasie ou de suicide assisté restent extrêmement rares en soins palliatifs

« Si la loi passe, les soins palliatifs évolueront pour encadrer les demandes, or j’ai profondément foi dans notre discipline et dans la capacité des professionnels spécialisés à apaiser les patients devant la mort, à les convaincre de se laisser accompagner jusqu’au bout », confie Géraldine Hubert, infirmière du service qui a récemment accompagné une patiente atteinte de la maladie de Charcot. Au moment de son hospitalisation, cette dernière réclamait avec insistance qu’on l’aide à mourir. « Elle ne supportait pas l

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