À dix-huit mois de l’élection présidentielle, le temps des réformes est-il passé ?

Il est vrai que les marges du président pour réformer sont de plus en plus ténues. Il y a eu l’échec de réformes précédentes, en particulier le projet majeur portant sur les retraites qui a suscité une mobilisation sociale importante. Même si le président assure qu’il va le reprendre, on peut penser que, en réalité, il sera laissé sur le côté du chemin. Tout comme l’équilibre des finances publiques et la lutte contre les déficits. En cette fin de mandat, le pouvoir jouera plus sur le registre symbolique que sur celui des réformes de fond.

 

L’épidémie est passée par là.

Oui, la pandémie a changé les priorités des Français qui s’inquiètent désormais de la capacité de la puissance publique à lutter efficacement contre le virus. Mais d’autres préoccupations sont apparues, comme l’environnement, qui n’était que secondaire au début du quinquennat. Le paysage a beaucoup changé. Et puis le président est entré en campagne. Il a choisi un Premier ministre qui a l’image d’un homme des territoires – bien que son itinéraire soit celui d’un haut fonctionnaire –, un homme censé avoir les qualités qui manquent à un président éloigné des préoccupations locales. Emmanuel Macron a tiré les conséquences de son image négative, non pas en tentant de changer de profil mais en choisissant un Premier ministre plus complémentaire que le précédent.

 

Désormais les quinquennats durent trois ans ?

Trois ans pour réformer et deux ans pour tenter de se faire réélire… En cela, nous sommes très proches du modèle américain. Il y a eu une accélération du temps de la présidence due non seulement à ce que le philosophe allemand Hartmut Rosa appelle « l’accélération sociale », mais aussi au passage au quinquennat qui a raccourci la période de mise en œuvre des réformes. Le quinquennat place le président dans une surexposition croissante et dans un temps de plus en plus compté. Si l’on ajoute un électorat san

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