Supposons que vous vivez au métro Château-Rouge, Paris, XVIIIe. Vos frontières légales sont désormais matérialisées, au nord, par la porte de Clignancourt ; à l’ouest, par le Sacré-Cœur ; au sud, par la gare du Nord ; et à l’est, par rien, soit le vide au-dessus des voies de chemin de fer. Supposons aussi que vous écrivez des romans. Vous n’éprouvez nulle difficulté à vous isoler pendant de longues périodes pour travailler. Supposons encore que, sans être foncièrement légaliste, vous n’êtes pas animée d’un formidable courage pour braver les forces de l’ordre. Vous vous en tenez généralement au cadre prescrit. Supposons enfin que, si l’ordre du monde et l’ordre de vous-même vous convenaient parfaitement, vous n’écririez pas de romans. Vous êtes tout de même très agitée par les nouvelles règles qui s’imposent.

C’est ainsi que, le 17 mars 2020, vous avez inauguré votre journal de sortie. Il conviendrait dès lors de rapporter quotidienneme

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