Le ciel s’est vidé de ses oiseaux d’acier. Lundi 13 avril, soit trois mois après que le Covid-19 eut entamé son tour du monde en partance de Chine, l’espace aérien ne comptait plus que 3 777 avions, contre 15 760 l’année précédente au même instant. Une chute vertigineuse de 76 % qui remet brutalement en question l’un des principaux vecteurs de la mondialisation.

« Il n’y a pas de mots qui puissent décrire l’impact de cette crise sur l’aviation », a déclaré Alexandre de Juniac, président de l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui évalue déjà à 252 milliards de dollars (231 milliards d’euros) la perte de revenus sur les ventes de billets d’avion en 2020. Dans le monde, le gagne-pain de 65,5 millions de personnes dépend du transport aérien. Les secteurs de l’industrie, de l’hôtellerie, de la restauration ou du tourisme retiennent leur souffle. En cas de maintien de la fermeture des frontières au-delà du mois de juin, pas moins de 25 millions d’emplois pourraient disparaître, dont 11 millions en Asie-Pacifique, 5,6 millions en Europe et 2 millions en Afrique.

L’État au secours des compagnies aériennes

En France, « toutes les compagnies sont menacées de faillite », confirme Alain Battisti, président de la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM), qui fédère 370 entreprises, dont le groupe Air France-KLM et Corsair International. Face aux crises, le secteur du transport aérien avait jusqu’alors toujours fait preuve de résilience. Touché en plein cœur par les attentats du 11 Septembre, il avait repris de plus belle dès le mois d’octobre 2001 grâce à l’adoption immédiate d’une série de mesures sécuritaires. En 2003, la baisse d’activité engendrée par l’épidémie de SRAS en Asie avait été limitée géographiquement et dans le temps. La crise financière de 2008 avait, pour sa part, fini par s’estomper : depuis cinq ans, le secteur bénéficiait d’une dynamique de croissance régulière. Tous les quinze ans, le transport aérien voyait son nombre de passagers doubler. En 2018, 4,3 milliards de personnes ont profité des 38 millions de vols réalisés en douze mois.

Mais aujourd’hui ? Au mois de mars, pour la première fois depuis la guerre, le traf

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